Dernière mise à jour : 2026-10-15
L'amortissement d'un ordinateur consiste à répartir son coût d'achat sur sa durée d'utilisation, au lieu de le passer en charge l'année de l'achat. En France, la durée d'amortissement du matériel informatique retenue en pratique est de 3 ans, soit un taux linéaire de 33,33 % par an, ou 41,67 % en dégressif. Seul le matériel de plus de 500 € HT s'immobilise. La location d'ordinateurs permet, elle, de ne rien immobiliser.
L'amortissement d'un ordinateur, qu'est-ce que c'est ?
L'amortissement constate comptablement la perte de valeur d'une immobilisation liée à l'usure, au temps et à l'obsolescence technologique. Un ordinateur acheté par l'entreprise est une immobilisation corporelle : il est inscrit à l'actif du bilan (compte 2183, matériel de bureau et matériel informatique), puis une dotation aux amortissements est passée chaque exercice. Cette dotation est déductible du résultat imposable.
Pour qu'un ordinateur soit immobilisé et amorti plutôt que passé directement en charge, trois conditions doivent être réunies :
Une utilisation durable : le bien sert à l'activité pendant plus d'un exercice.
Une valeur supérieure au seuil : le matériel de bureau d'une valeur unitaire inférieure à 500 € HT peut être comptabilisé directement en charge (tolérance administrative, BOI-BIC-CHG-20-30-10).
La propriété du bien : un ordinateur acheté s'immobilise ; un ordinateur loué ou financé en location longue durée reste la propriété du loueur.
La base amortissable correspond au prix d'achat hors TVA récupérable, augmenté des frais accessoires directement attribuables (livraison, installation, configuration initiale). L'amortissement linéaire démarre à la date de mise en service, et non à la date de la facture.
Amortissement et valeur de marché sont deux notions distinctes. Un ordinateur de 3 ans peut avoir une valeur nette comptable nulle et conserver une valeur de revente. Cet écart a des conséquences fiscales au moment de la cession, du don ou du recyclage. Les petites entreprises qui veulent économiser de la trésorerie ont donc intérêt à suivre ce calendrier de près.
Quelle est la durée d'amortissement d'un ordinateur ?
La durée d'amortissement d'un ordinateur est généralement de 3 ans en France, ce qui correspond à la durée d'usage admise par l'administration fiscale pour le matériel informatique et au rythme de renouvellement observé dans la plupart des entreprises. Certaines retiennent 4 ou 5 ans pour des postes fixes, des serveurs ou des équipements durcis. La durée choisie doit refléter l'usage réel.
Le Plan comptable général (PCG) demande d'amortir un bien sur sa durée d'utilisation réelle, alors que la fiscalité se réfère aux durées d'usage de la profession. Lorsque les deux diffèrent, l'écart est traité par un amortissement dérogatoire. Les petites entreprises (au sens de l'article L123-16 du Code de commerce) peuvent retenir directement la durée d'usage fiscale.
À titre de repère, voici les durées d'amortissement usuelles du matériel informatique et des actifs voisins :
Bien | Durée usuelle | Taux linéaire |
|---|---|---|
Ordinateur portable ou fixe | 3 ans | 33,33 % |
Serveur, matériel réseau | 3 à 5 ans | 20 à 33,33 % |
Smartphone, tablette | 2 à 3 ans | 33,33 à 50 % |
Logiciel acquis (licence perpétuelle) | 1 à 3 ans, ou 12 mois en amortissement exceptionnel | 33,33 à 100 % |
Mobilier de bureau | 10 ans | 10 % |
Le mobilier suit une logique différente, détaillée dans notre guide sur l'amortissement du mobilier de bureau.
Et les logiciels ?
Un logiciel acheté sous forme de licence perpétuelle est une immobilisation incorporelle, amortissable sur sa durée d'utilisation. Le Code général des impôts (article 236) autorise un amortissement exceptionnel sur 12 mois. Les abonnements SaaS (Microsoft 365, Google Workspace, outils RH ou comptables) sont en revanche des charges : rien n'est immobilisé, rien n'est amorti.
Quelles règles d'amortissement dans les autres pays ?
Les règles d'amortissement des ordinateurs varient fortement d'un pays à l'autre, ce qui compte pour une entreprise qui équipe des équipes en Allemagne, en Espagne, au Royaume-Uni ou aux États-Unis. Le taux, la durée minimale et le seuil de passage en charge diffèrent, et certains pays permettent de tout déduire dès la première année.
Pays | Référentiel | Durée comptable usuelle | Règle fiscale pour un ordinateur | Seuil petit matériel |
|---|---|---|---|---|
France | PCG | 3 ans | Linéaire 33,33 % ou dégressif 41,67 % (coefficient 1,25) | 500 € HT (tolérance BOFiP) |
Allemagne | HGB | 1 à 3 ans | Durée d'utilisation d'un an possible pour le matériel et les logiciels (circulaire BMF du 22 février 2022) | 800 € net (GWG), compte collectif de 250 à 1 000 € amorti sur 5 ans |
Espagne | PGC | 3 à 4 ans | Taux maximal fiscal de 25 % par an pour les équipements informatiques, accélération possible pour les petites entreprises | 300 € par élément, dans un plafond annuel |
Royaume-Uni | FRS 102 / IFRS | 3 à 5 ans | Amortissement non déductible ; capital allowances à 100 % la première année (Annual Investment Allowance jusqu'à 1 million de livres) | Fixé par la politique de l'entreprise |
États-Unis | US GAAP | 3 à 5 ans | Bien MACRS à 5 ans, ou déduction totale via la Section 179 ou le bonus depreciation | Option de minimis par élément |
Ces seuils évoluent avec chaque loi de finances : faites valider les règles applicables par votre expert-comptable avant la clôture.
Comment calculer l'amortissement d'un ordinateur ?
L'amortissement linéaire d'un ordinateur se calcule ainsi : base amortissable × taux linéaire × durée d'utilisation sur l'exercice / 360 jours. Pour un ordinateur amorti sur 3 ans, le taux est de 33,33 %. Si la mise en service intervient en cours d'année, la première et la dernière annuité sont calculées au prorata temporis, et l'amortissement s'étale alors sur quatre exercices.
L'amortissement linéaire d'un ordinateur
L'amortissement linéaire est la méthode de référence : l'annuité est identique d'un exercice à l'autre, ce qui facilite le budget et la lecture du coût informatique par salarié.
Formule : annuité = base amortissable × (100 % / durée d'utilisation).
Base amortissable : prix d'achat HT et frais accessoires.
Point de départ : date de mise en service.
Première annuité : prorata temporis, en jours (année de 360 jours, mois de 30 jours).
Valeur résiduelle : généralement nulle pour un ordinateur.
L'amortissement dégressif d'un ordinateur
L'amortissement dégressif concentre la charge sur les premières années : un taux fixe s'applique à la valeur nette comptable restante. Pour un ordinateur neuf amorti sur 3 ans, le taux dégressif est de 41,67 % (33,33 % × coefficient 1,25, prévu par l'article 39 A du CGI). Le prorata de la première année part du premier jour du mois d'acquisition.
Les coefficients en vigueur sont de 1,25 pour une durée de 3 ou 4 ans, 1,75 pour 5 ou 6 ans et 2,25 au-delà. Le dégressif n'est ouvert qu'aux biens neufs dont la durée d'usage est d'au moins 3 ans, ce qui inclut les ordinateurs. Dès que l'annuité linéaire calculée sur la valeur restante et les années restantes devient supérieure à l'annuité dégressive, on bascule en linéaire.
Le dégressif intéresse surtout une entreprise bénéficiaire qui veut réduire son résultat imposable dès les premières années. Pour une start-up déficitaire, une déduction plus forte aujourd'hui n'apporte rien et alourdit le déficit reportable.
Exemple chiffré : un parc de 50 laptops sur 3 ans
Prenons 50 ordinateurs portables mis en service le 1er janvier, pour une base amortissable illustrative de 75 000 € HT (1 500 € HT par poste). Les pourcentages comptent plus que les montants : ils s'appliquent à n'importe quel budget.
Exercice | Linéaire 3 ans (33,33 %) | Dégressif (41,67 %) | VNC fin d'exercice en linéaire | VNC fin d'exercice en dégressif |
|---|---|---|---|---|
Année 1 | 25 000 € | 31 250 € | 50 000 € | 43 750 € |
Année 2 | 25 000 € | 21 875 € | 25 000 € | 21 875 € |
Année 3 | 25 000 € | 21 875 € | 0 € | 0 € |
Total | 75 000 € | 75 000 € |
En dégressif, la bascule en linéaire a lieu dès l'année 2 : 43 750 € répartis sur les 2 années restantes donnent 21 875 €, contre 18 229 € en appliquant 41,67 %. Si les mêmes ordinateurs avaient été mis en service le 1er juillet, le plan linéaire aurait été de 12 500 €, 25 000 €, 25 000 € puis 12 500 €, sur quatre exercices.
À titre de comparaison, la même flotte achetée en Allemagne pourrait être intégralement déduite fiscalement dès la première année grâce à la règle de la durée d'un an. Au-delà de la fiscalité, l'entreprise doit surtout financer 75 000 € de trésorerie au début de chaque cycle de 3 ans, auxquels s'ajoutent les réparations hors garantie, passées en charge au fil de l'eau.
Que faire d'un ordinateur totalement amorti ?
Un ordinateur entièrement amorti a une valeur nette comptable nulle mais fonctionne souvent encore. L'entreprise peut le conserver, le revendre, le donner à un salarié ou à une association, ou le confier à une filière de recyclage. Chaque option a une traduction comptable : la cession génère une plus-value imposable, et toute sortie doit être constatée au registre des immobilisations.
Le conserver : aucune écriture n'est nécessaire, mais un poste qui ne reçoit plus de mises à jour devient un risque de sécurité. Windows 10 n'est plus pris en charge depuis octobre 2025 : les machines incompatibles avec Windows 11 sont à remplacer.
Le revendre : le prix de cession diminué de la valeur nette comptable constitue une plus-value, imposable à l'impôt sur les sociétés au taux de droit commun.
Le donner à un salarié : la remise gratuite de matériel informatique entièrement amorti peut être exonérée d'impôt sur le revenu pour le salarié, sous conditions et dans une limite annuelle fixée par le CGI.
Le recycler ou le reconditionner : l'actif est sorti du bilan. La filière DEEE impose un circuit agréé, et les données doivent être effacées de manière certifiée avant le départ du matériel.
Peut-on éviter l'amortissement grâce à la location d'ordinateurs ?
Oui. En location longue durée ou en abonnement, l'entreprise n'est pas propriétaire des ordinateurs : il n'y a ni immobilisation à inscrire au bilan, ni plan d'amortissement à suivre. Les loyers sont comptabilisés en charges externes (compte 6135, locations mobilières) et déductibles au fur et à mesure, ce qui fait basculer la dépense informatique du CAPEX vers l'OPEX.
En normes françaises, le traitement est simple : le loyer est une charge, y compris pour le crédit-bail (compte 6122), avec une information en annexe sur les engagements. Les groupes qui publient en IFRS appliquent la norme IFRS 16, qui inscrit les contrats de location au bilan, mais les ordinateurs portables relèvent en général de l'exemption pour actifs de faible valeur et restent donc en charges.
Vous pouvez ainsi louer les ordinateurs de votre entreprise plutôt que de les acheter sans mobiliser de trésorerie. Un contrat de location se lit toutefois avec la même rigueur qu'un achat. Avant de signer, vérifiez quatre points :
Le coût total sur la durée : loyer mensuel multiplié par le nombre de mois, plus les éventuels frais de mise en service, de livraison ou de fin de contrat.
Le périmètre inclus : garantie, réparations, appareil de remplacement, configuration et support, ou seulement le matériel.
Les options de fin de contrat : restitution, renouvellement ou rachat, et qui prend en charge l'effacement des données et la logistique.
La sortie anticipée : ce qui se passe en cas de départ d'un salarié ou de réduction d'effectif avant le terme.
Le passage du Capex à l'Opex détaille l'enjeu stratégique de ce choix, et notre article sur le contrat de leasing informatique liste les clauses à négocier.
Grille de décision : acheter et amortir, ou louer ?
Question | Achat et amortissement | Location |
|---|---|---|
La trésorerie est-elle une contrainte cette année ? | Décaissement important à chaque renouvellement | Loyers étalés sur la durée du contrat |
Faut-il réduire le résultat imposable rapidement ? | Possible avec le dégressif | Déduction au rythme des loyers |
Qui tient le registre des immobilisations ? | La finance, poste par poste | Aucun actif à suivre en normes françaises |
Qui gère pannes et remplacements ? | L'équipe IT, hors garantie | Selon le contrat |
Que se passe-t-il au bout de 3 ans ? | Revente, don ou recyclage, avec écriture de sortie | Restitution ou renouvellement selon le contrat |
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Acheter ses ordinateurs, c'est immobiliser chaque poste au-delà de 500 € HT, suivre un plan d'amortissement sur 3 ans, choisir entre linéaire et dégressif, constater chaque cession ou mise au rebut et décaisser un budget important à chaque renouvellement. Tout cela se gère en interne, mais chaque étape ajoute du travail comptable, un risque fiscal et une pression sur la trésorerie.
Fleet remplace l'achat par un abonnement et gère tout le cycle de vie du matériel dans une seule plateforme, dans plus de 150 pays :
Abonnement mensuel fixe : aucun investissement initial, une dépense informatique en OPEX plutôt qu'un plan d'amortissement.
Garantie et réparations incluses : couverture à 100 %, réparations et appareil de prêt pendant toute la durée du contrat.
Renouvellement planifié : les appareils sont renouvelés tous les 3 ans, et Fleet organise leur seconde vie, dons compris.
Visibilité en temps réel : chaque appareil et son statut suivis dans le tableau de bord Cockpit, sans registre d'immobilisations à tenir.
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FAQ
Est-il obligatoire d'amortir un ordinateur ?
Oui, dès lors que l'ordinateur est inscrit en immobilisation : les entreprises soumises à l'IS doivent pratiquer un amortissement au moins égal à l'amortissement linéaire cumulé (règle de l'amortissement minimal). En dessous de 500 € HT, l'entreprise peut à la place passer l'achat directement en charge.
Comment comptabiliser l'achat d'un ordinateur ?
L'achat est enregistré au débit du compte 2183 (matériel de bureau et matériel informatique) pour son montant HT, la TVA déductible au compte 44562, et le fournisseur au crédit du compte 404. Chaque fin d'exercice, la dotation est passée au débit du compte 6811 et au crédit du compte 28183.
Un ordinateur à moins de 500 € HT peut-il être amorti ?
Il peut l'être, mais l'entreprise n'y est pas obligée. La tolérance administrative permet de passer directement en charge le matériel de bureau d'une valeur unitaire inférieure à 500 € HT, à condition que l'achat ne fasse pas partie d'un équipement d'ensemble renouvelé en une seule fois.
Peut-on amortir un ordinateur d'occasion ou reconditionné ?
Oui, sur sa durée d'utilisation résiduelle estimée, souvent 2 ans pour un modèle reconditionné. Le mode dégressif est en revanche réservé aux biens neufs : un ordinateur d'occasion s'amortit uniquement en linéaire.
Un ordinateur loué doit-il être amorti ?
Non. L'entreprise n'en est pas propriétaire : les loyers sont des charges déductibles et le matériel n'apparaît pas à l'actif. En IFRS 16, les ordinateurs relèvent généralement de l'exemption pour actifs de faible valeur.
Conclusion
L'amortissement d'un ordinateur repose sur des règles stables en France : une durée de 3 ans, un taux de 33,33 % en linéaire ou 41,67 % en dégressif, et un seuil de 500 € HT en dessous duquel l'achat passe en charge. Pour une entreprise dont le parc grossit, la vraie question est celle du modèle : acheter et amortir, ou louer et passer les loyers en charges, un arbitrage à trancher avec son expert-comptable selon sa trésorerie et sa situation fiscale.
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